carreaux, le genait beaucoup; et il le serrait contre ses flancs, tantot d'un coude, tantot de l'autre, pour glisser au fond de ses poches les deux mains a la fois, des mains gourdes que les lanieres du vent d'est faisaient saigner. Une seule idee occupait sa tete vide d'ouvrier sans travail et sans gite, l'espoir que le froid serait moins vif apres le lever du jour. Depuis une heure, il avancait ainsi, lorsque sur la gauche, a deux kilometres de Montsou, il apercut des feux rouges, trois brasiers brulant au plein air, et comme suspendus. D'abord, il hesita, pris de crainte; puis, il ne put resister au besoin douloureux de se chauffer un instant les mains. Un chemin creux s'enfoncait. Tout disparut. L'homme avait a droite une palissade, quelque mur de grosses planches fermant une voie ferree; tandis qu'un talus d'herbe s'elevait a gauche, surmonte de pignons confus, d'une vision de village aux toitures basses et uniformes. Il fit environ deux cents pas. Brusquement, a un coude du chemin, les feux reparurent pres de lui, sans qu'il comprit davantage comment ils brulaient si haut dans le ciel mort, pareils a des lunes fumeuses. Mais, au ras du sol, un autre spectacle venait de l'arreter. C'etait une masse lourde, un tas ecrase de constructions,
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